Qu'est-ce que le lac Iriki ?
Le lac Iriki — orthographié Iriqui dans les documents officiels, du nom du parc national — est une sebkha, un lac saharien asséché d'environ 60 kilomètres de long, situé entre Foum Zguid et M'hamid El Ghizlane, au sud du Jbel Bani. Jusqu'aux années 1970, l'oued Draa l'alimentait encore régulièrement ; la construction du barrage El Mansour Eddahbi près de Ouarzazate a interrompu les crues, et le lac s'est retiré, laissant un fond d'argile parfaitement plat que le vent polit comme un miroir.
C'est ce vide spectaculaire qui fait sa beauté : au lever du jour, la plaine blanche reflète le ciel, les mirages déforment l'horizon, et l'on roule sur des kilomètres sans un relief — une expérience de conduite unique au Maroc, que les pilotes du Paris-Dakar ont rendue célèbre dans les années 1980-1990, quand la course passait par ici.
Le parc national d'Iriqui
Créé en 1994, le parc national d'Iriqui protège environ 123 000 hectares entre le Jbel Bani et le Draa — l'un des plus vastes espaces protégés du pays. Son intérêt est double : la sebkha elle-même, zone humide saisonnière classée, et la steppe à acacias qui l'entoure, dernier habitat régional de la gazelle dorcas, de l'outarde houbara et du fennec.
Les bonnes années, quand les pluies remplissent temporairement le lac entre janvier et mars, des flamants roses et d'autres oiseaux migrateurs s'y arrêtent — un spectacle improbable à la lisière des dunes. Nos guides suivent ces épisodes de près : demandez-nous l'état du lac avant votre venue, nous y passons chaque semaine.
Que voir autour du lac
- La traversée de la sebkha — le moment signature : 20 minutes de plaine blanche absolue, sur les traces du Dakar.
- Le « Colorado marocain » (Jbel Madouar) — cirque de roches rouges à la sortie nord du lac, au plus beau dans la lumière rasante.
- Le plateau des fossiles — ammonites et orthocères affleurant à même la dalle calcaire.
- Les gravures rupestres du Jbel Bani — scènes de chasse gravées il y a plusieurs millénaires, témoins d'un Sahara vert.
- La steppe à acacias — tamaris, acacias raddiana et, avec de la chance, gazelles au petit matin.
- L'Erg Chegaga — les grandes dunes commencent à la lisière ouest du lac : la plupart de nos voyageurs enchaînent lac et Erg Chegaga dans la même journée.
Comment visiter le lac Iriki
Il n'existe ni route ni transport public : le lac se visite en 4x4 avec un guide connaissant les pistes. Deux accès principaux :
| Depuis | Durée de piste | Remarques |
|---|---|---|
| Foum Zguid (notre village) | ≈ 1 h jusqu'au lac | L'accès le plus court et le plus varié : hamada, lac, Colorado marocain, puis dunes. |
| M'hamid El Ghizlane | ≈ 2 h 30 – 3 h | Piste plus longue par l'erg Smar et la bordure sud. |
Depuis Foum Zguid, nous proposons la journée complète au lac Iriqui (dès 80 €/pers., déjeuner nomade inclus) ou la traversée intégrée à nos excursions vers l'Erg Chegaga avec nuit en bivouac. Les camping-caristes de la N12 laissent leur véhicule au village et partent à la journée.
Traverser le lac : ce que ça fait
On peut décrire la géologie, mais l'essentiel est ailleurs. Vous quittez la piste caillouteuse, le 4x4 descend un talus, et d'un coup le bruit s'arrête : plus de pierres, plus de secousses, juste le glissement des pneus sur l'argile lisse. Devant, vingt kilomètres de blanc absolu et un horizon qui tremble de chaleur. Les distances trompent : ce point noir là-bas est un acacia à dix minutes, ou un 4x4 à une heure. La plupart de nos voyageurs demandent à s'arrêter au milieu, simplement pour descendre et entendre le silence. Faites-le : c'est le moment que les photos ne rendent pas.
Un lac né des crues du Draa
Pendant des siècles, le fonctionnement du lac fut simple : chaque année ou presque, les crues du Draa descendaient du Haut Atlas, longeaient le Jbel Bani et venaient mourir ici, dans cette cuvette fermée. L'eau s'étalait sur des dizaines de kilomètres, les troupeaux convergeaient, les oiseaux suivaient. Les anciens de Foum Zguid se souviennent d'années où l'on pêchait sur le lac. La mise en service du barrage El Mansour Eddahbi, en amont de la vallée, a retenu ces crues pour irriguer et électrifier la région de Ouarzazate ; le lac, lui, a cessé de recevoir sa part.
Ce qui reste est paradoxal : un paysage créé par l'eau et sculpté par son absence. L'argile du fond, déposée par des siècles de crues, forme cette surface plate et claire qui fait aujourd'hui la renommée du lieu. Les tamaris qui survivent en bordure puisent dans une nappe que les pluies exceptionnelles rechargent encore. Le lac n'est pas mort : il dort, et il se réveille par surprise.
Le lac en eau : un événement rare
Certains hivers, quand des pluies fortes touchent le bassin du Draa, une lame d'eau revient couvrir une partie de la sebkha. L'événement dure de quelques semaines à quelques mois. Les flamants roses et les oiseaux migrateurs le repèrent avec une rapidité qui étonne à chaque fois : quelques jours après la crue, ils sont là, posés entre les dunes et la montagne, à mille lieues de tout littoral. Les photographes qui ont la chance de connaître ces fenêtres parlent du plus beau spectacle du Sud. Nous passons sur le lac chaque semaine : si vous préparez un voyage et que l'année est pluvieuse, écrivez-nous, on vous dira ce que nos guides ont vu la veille.
Conseils de nos guides
- Partez tôt : la lumière du matin sur la sebkha est la plus belle, et la faune s'observe avant la chaleur.
- Après de fortes pluies, la traversée directe devient impossible (argile détrempée) — nos guides basculent sur la piste de bordure, le paysage reste superbe.
- Emportez plus d'eau que nécessaire et ne partez jamais seul en 4x4 sans expérience de la piste : le lac est vaste, uniforme, et le réseau téléphonique n'y passe pas.
Questions fréquentes
Peut-on visiter le lac Iriki sans 4x4 ?
Non — aucune route goudronnée n'atteint le lac. On y accède uniquement en 4x4 (ou en bivouac chamelier de plusieurs jours), depuis Foum Zguid au nord ou M'hamid à l'est. La piste depuis Foum Zguid est la plus courte : le lac se traverse dès la première heure de piste.
Y a-t-il de l'eau dans le lac Iriki ?
La plupart du temps, non : c'est un lac asséché (une sebkha) dont le fond d'argile blanche s'étend à perte de vue. Après les fortes pluies sur le bassin du Draa — quelques semaines certaines années — une nappe d'eau peu profonde se reforme et attire oiseaux migrateurs et flamants roses.
Le parc national d’Iriqui est-il payant ?
Il n'y a pas de guichet à l'entrée ; l'accès se fait librement mais un guide connaissant les pistes est indispensable. Nos excursions incluent le passage par les zones autorisées et le respect des zones de protection de la faune.
Quelle est la meilleure période pour voir le lac ?
D'octobre à avril : lumières douces, températures agréables et — les bonnes années — présence d'eau et d'oiseaux entre janvier et mars. L'été, la traversée reste possible tôt le matin, mais la chaleur dépasse 45 °C à la mi-journée.