Le lexique du désert, expliqué depuis Foum Zguid
Par l’équipe Désert Foum Zguid · Mis à jour le 11 août 2026
Erg, reg, sebkha, chergui : le désert a son vocabulaire, et le comprendre change la manière de le voir. Voici les mots que nos voyageurs nous demandent le plus souvent, expliqués simplement par des gens d'ici. Chaque terme a son ancre : les autres pages du site pointent vers ce lexique dès qu'un mot mérite une explication.
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Erg
Une mer de dunes. Le mot vient de l'arabe et désigne les grandes étendues de sable que le vent accumule et remodèle sans cesse. Contrairement à l'image d'Épinal, les ergs ne couvrent qu'une petite partie du Sahara. Le Maroc en compte deux grands : l'Erg Chebbi près de Merzouga, et l'Erg Chegaga, le nôtre, qui s'étire sur une quarantaine de kilomètres.
Reg
Une plaine de cailloux polis par le vent, posés sur un sol durci. C'est le vrai visage du Sahara : la majorité du désert est du reg, pas du sable. Sur la piste de Chegaga, vous roulerez sur du reg bien avant de toucher les dunes. Les nomades y lisent les traces comme un livre ouvert.
Hamada
Un plateau rocheux nu, balayé par le vent qui en a chassé le sable. La hamada du Draa, entre Foum Zguid et les dunes, est un paysage lunaire de dalles sombres et d'horizons plats. On y croise des acacias isolés et, avec de la chance, une gazelle au petit matin.
Sebkha
Une dépression d'argile et de sel, fond d'un ancien lac qui ne se remplit plus qu'après de fortes pluies. La plus spectaculaire de la région est celle du lac Iriki : 60 kilomètres de plaine blanche entre le Jbel Bani et les dunes. Quand elle est sèche, on y roule comme sur un billard.
Oued
Une rivière qui ne coule pas toute l'année. La plupart du temps, un oued est un lit de galets à sec ; après un orage, il peut se remplir en quelques minutes. Foum Zguid doit son nom à l'un d'eux : le foum, la « bouche », est l'endroit où l'oued Zguid perce la montagne.
Régions et repères
Jbel Bani
La longue montagne noire qui barre l'horizon nord de Foum Zguid. Cette chaîne basse court sur des centaines de kilomètres le long du versant sud de l'Anti-Atlas, comme un mur entre les oasis et le désert. Ses roches portent des gravures rupestres vieilles de plusieurs millénaires, et tout le territoire fait aujourd'hui partie du Géoparc du Jbel Bani.
Anti-Atlas
La plus méridionale des chaînes marocaines, environ 800 kilomètres du littoral atlantique jusqu'aux confins du Tafilalet, avec le Jbel Sirwa comme point culminant à 3 304 mètres. C'est une montagne ancienne, usée, aux villages accrochés dans les amandiers. La route de Marrakech ou d'Agadir vers Foum Zguid la traverse.
Vallée du Draa
Le Draa est le plus long fleuve du Maroc : 1 100 kilomètres depuis le Haut Atlas jusqu'à l'Atlantique, dont l'essentiel coule sous le sable. Sa vallée entre Agdz et M'hamid aligne palmeraies et ksour sur 200 kilomètres. C'est lui qui remplissait autrefois le lac Iriki, avant la construction du barrage de Ouarzazate dans les années 1970.
Province de Tata
Notre province, au sud de l'Anti-Atlas. Un pays d'oasis étirées le long des oueds, parmi les moins visités du Maroc. Les étés y sont rudes, au-delà de 45 °C, et les hivers lumineux. Foum Zguid en est la porte orientale ; la ville de Tata, à 1 h 30 de route, en est le chef-lieu.
Taznakht
Le carrefour où l'on quitte la nationale pour descendre vers Foum Zguid. Ce bourg est la capitale du tapis ouaouzguite, tissé en laine par les femmes des villages du Sirwa. Si vous devez acheter un tapis au Maroc, c'est ici, dans les coopératives, pas dans les bazars des villes.
Tizi n'Tichka
Le col qui fait passer la route Marrakech-Ouarzazate par-dessus le Haut Atlas, à 2 260 mètres. Comptez deux heures de virages, des vues immenses et parfois de la neige en plein hiver. C'est le passage obligé, et le premier grand souvenir, de nos circuits depuis Marrakech.
La N12
La route trans-Bani : elle relie Tata à Rissani en longeant le désert par Foum Zguid et Zagora. Goudronnée, peu fréquentée, superbe. C'est l'itinéraire favori des camping-cars et des motards qui font la boucle du Sud marocain, et beaucoup s'arrêtent chez nous pour une excursion vers les dunes.
Erg El Mhazil
Le petit erg le plus proche de Foum Zguid, à environ une heure et demie de piste. Ses dunes sont plus modestes que celles de Chegaga, mais leur isolement est total. C'est notre option pour une première nuit dans le sable quand le temps manque pour aller jusqu'au grand erg.
Erg Lihoudi
Les premières dunes que l'on atteint depuis M'hamid, à une dizaine de kilomètres du village. Beaucoup d'excursions bon marché vendues comme « nuit dans le désert » s'arrêtent ici. C'est joli, mais ce n'est pas Chegaga : les campements y sont nombreux et les dunes vite parcourues.
Erg Smar
Un chapelet de dunes entre M'hamid et l'Erg Chegaga, sur la piste orientale. Les caravanes y font étape lors des treks chameliers. Depuis Foum Zguid, on ne le traverse pas : notre piste passe par le lac Iriki, de l'autre côté du grand erg.
Oasis d'Oum Laâlag
Une source douce et un bosquet de tamaris en plein désert, à l'est de l'Erg Chegaga. Les nomades la disent sacrée et les caravanes s'y arrêtent depuis toujours. Nos excursions de trois jours y font la pause déjeuner, à l'ombre, les pieds dans le sable frais.
Climat et atmosphère
Chergui
Le vent d'est du Maroc, chaud et sec, cousin du sirocco. Il naît au-delà de l'Atlas, se vide de son humidité en franchissant la montagne et arrive sur le Sud chargé de poussière. Il souffle surtout en été, parfois quelques jours au printemps. Quand il se lève, on noue le chèche et on attend : il finit toujours par retomber.
La nuit saharienne
Le désert change de peau à la tombée du jour. La température peut perdre quinze degrés en quelques heures, le silence devient total, et le ciel s'allume : à Chegaga, sans une ampoule à 60 kilomètres, la Voie lactée se voit à l'œil nu la plus grande partie de l'année. C'est pour cette nuit-là que l'on vient de si loin.
Culture et vie locale
Aït Atta
La grande confédération amazighe du Sud-Est marocain. Née autour du massif du Saghro, elle a étendu ses parcours de transhumance jusqu'aux vallées du Draa et du Ziz. Les familles nomades que l'on croise autour de Chegaga en font souvent partie. Beaucoup de nos guides sont de cette culture : le désert est leur maison de famille.
Kasbah et ksar
Deux mots de l'architecture de terre. La kasbah est la maison forte d'une famille, avec ses quatre tours d'angle. Le ksar (pluriel : ksour) est un village entier fortifié, ruelles couvertes comprises. La vallée du Draa en aligne des dizaines ; Aït Ben Haddou, sur la route de Marrakech, est le plus célèbre du pays.
Palmeraie
Une oasis cultivée, organisée en étages : les palmiers-dattiers font l'ombre, les grenadiers et figuiers poussent dessous, et au sol viennent l'orge, la luzerne et le henné. Celle de Foum Zguid se parcourt à pied en fin de journée, quand la lumière traverse les palmes.
Séguia
Le canal d'irrigation qui distribue l'eau dans la palmeraie, selon des tours d'eau réglés entre familles depuis des générations. Suivre une séguia est la meilleure façon de visiter une oasis : elle mène toujours quelque part, et souvent à une conversation.
Chèche
Le turban saharien : quatre à cinq mètres de coton léger que l'on enroule autour de la tête et du visage. Contre le soleil, contre le vent de sable, contre le froid du soir. Nos guides vous montreront comment le nouer ; c'est l'achat le plus utile du voyage, bien avant le chapeau.
Dromadaire ou chameau ?
Une bosse : dromadaire. Deux bosses : chameau, et il vit en Asie centrale. Tous les « chameaux » du Maroc sont donc des dromadaires, même si l'usage courant mélange les deux mots, et nous les premiers. L'animal, lui, ne s'en formalise pas : il porte, il marche, et il garde son quant-à-soi. Pour marcher avec eux, voyez nos treks chameliers.
Le thé du désert
Thé vert de Chine, menthe quand il y en a, beaucoup de sucre, et du temps. On le verse de haut pour le faire mousser, et il se boit en plusieurs verres, du plus corsé au plus doux. Refuser le premier verre est difficile ; refuser le troisième, presque impoli. Le rituel compte autant que la boisson.
Souk
Le marché hebdomadaire, institution de toutes les bourgades du Sud. Chaque ville a son jour ; les familles nomades descendent y vendre et s'approvisionner. Celui de Foum Zguid reste un vrai souk de pays : bétail, dattes, épices, forgerons, et pas un souvenir pour touristes.